Un froid à garder au chaud les ours polaire, la fatigue contre laquelle je ne peux rien, et une nouvelle crise affective comme il m'en arrive de plus en plus souvent. J'ai peur d'être oubliée, qu'on ne m'aime pas, et je me replonge dans mes rêves où il y a toujours des bras rassurants et aimants dans lesquels je peux m'endormir sans crainte, heureuse et amoureuse. C'est alors qu'il vient ce froid comme pour dire : Hé t'es toute seule dans ton lit ma pauvre, y'a personne réveille-toi ! Et là j'ai l'envie de dire : vas te faire foutre, laisse-moi dormir, dans mon rêve peut-être bien qu'il y sera pour de vrai ! Et la fatigue a au moins ce bon côté que grace à elle je peux dormir, rêver tranquillement même si ensuite je déteste mon réveil. Parce que quand il sonne ce connard, je sens la chaleur de ma couette, pas envie d'en sortir pour ressentir ce froid vicié qui m'attend au dehors. Et puis je ressens la solitude qui me retombe sur le coin de la gueule, parce qu'elle me laisse quand je dors mais sinon elle s'accroche à mes basques comme un chewing-gum déjà mâché. Certes elle est quand même pas aussi désagréable qu'un chewing-gum parce qu'au moins je peux marcher avec et puis personne ne se rend vraiment compte qu'elle est collée à moi. Sauf que moi je la sens quand ceux qui m'accompagnent la journée durant s'absentent parce que même si on s'adore ils peuvent pas rester avec moi vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et c'est les heures seules, les heures perdues qui me triturent, me torturent, me font faillir à la limite de la crise d'angoisse parfois. Je veux juste qu'on m'aime, je demande que ça. Enfin que ça c'est déjà beaucoup quand on est concentré sur une personne en particulier, et on ne peut rien faire. Alors je me résigne, attendre y'a que ça à faire maintenant de toute façon. C'est tout ce qui reste, en attendant, espoir fait attention à ne pas trop proliférer, si jamais ça pourrait faire mal quand il faudra te déloger.